Rav Oury Cherki

Le vol

Transcription de la leçon (pas encore vérifié par le Rav). Publié sur le site du Centre Noachide Mondial



La quatrième interdiction des lois noachides est celle du vol. Ne pas voler son prochain, respecter sa propriété, est une valeur généralement admise dans l'humanité. Même au sein des sociétés entièrement communisantes, il est généralement compris qu'il existe un minimum de propriété de l'homme sur certains de ses biens, à tel point que l'on peut presque affirmer que l'idée de propriété est aussi vieille que le monde.

 

Vols en tous genres

La loi noachide ainsi que la loi de la Torah interdisent le vol, comme il est écrit: "tu ne voleras point". Cependant, le vol comporte de nombreuses modalités, notamment voler le temps de son prochain, voler son honneur, ses biens ou encore endommager ses biens sans les voler. La הלכה – la loi juive – a même été jusqu'à introduire, dans l'interdiction du vol, le retard dans le paiement d'un salaire. C'est-à-dire que si vous êtes un employeur et que vous retardez de quelques jours le paiement d'un salaire, vous avez transgressé l'interdiction du vol du fait que vous avez gardé le bien de votre prochain un certain temps chez vous. Evidemment, le vol peut être réparé. Des conventions peuvent établir que des retards sont, bien qu'autorisés, pénalisés, parmi tant d'autres modalités.

 

Vivre ses biens (vivre c'est bien)

De manière générale, il nous faut comprendre la gravité du vol, à tel point même que certaines sociétés ont été jusqu'à le punir de mort. La raison est très simple. Il existe, en effet, un rapport véritablement profond entre l'homme et les objets qui lui appartiennent. Il ne s'agit pas simplement d'une utilisation, comme le fait d'utiliser un objet qui m'appartient et décider de le jeter une fois que j'ai fini de l'utiliser. Lorsqu'on est un homme authentique, s'établit alors une véritable relation, presque d'identité, entre l'homme et ses biens. Non celle de l'avare qui ne peut se détacher de ses pièces d'or. Au contraire, la tradition talmudique nous dit que "les Justes sont attachés à leurs biens plus qu'à leur corps". Ceci pour une raison bien simple, à savoir que le corps n'est pas réellement important, alors que l'on peut faire du bien avec les biens, d'où leur dénomination. Ainsi, arracher à autrui quelque chose auquel il s'est attaché peut être vu comme l'arrachement d'une partie de son être, comme une entame dans la plénitude de sa personne. D'une certaine manière, c'est comme si on l'avait un peu tué. Ainsi l'on peut saisir toute la gravité du vol.

 

Respect de l'homme

A partir du moment que l'on acquiert la sensibilité nécessaire envers les biens de son prochain, alors l'on commence à respecter l'intégralité de la personne humaine car l'on reconnaît que cette personne s'étend bien au-delà de son corps et de sa vie, et s'étend également jusqu'aux limites de ce qu'il a pu acquérir. De ce point de vue là on évolue dans l'établissement d'une morale humaine pleine et totale.

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