Rav Oury Cherki

La morale II

Transcription de la leçon (pas encore vérifié par le Rav). Publié sur le site du Centre Noachide Mondial



Quelle est la relation entre les sept commandements noachides et la moralité dont il a été sujet dans "La morale I"?

 

Relation entre D.ieu et l'homme

Il est intéressant de voir que lorsque l'on parle des commandements de la loi noachide, il s'agit fondamentalement de morale naturelle, à savoir l'interdiction de tuer, de la débauche, du vol, du blasphème, de la cruauté envers les animaux, et d'une certaine manière aussi le refus de l'idolâtrie. Tous ces interdits font partie de la loi morale naturelle, tout comme le commandement d'avoir une législation et des tribunaux. L'on peut donc se demander quelle est la différence entre la loi des noachides – des בני נח (bnei noa'h) – et la morale. Cela revient en fait à poser la question de savoir pourquoi l'on a besoin des sept lois noachides alors que l'on pourrait aussi bien s'acquitter de la morale. La réponse est qu'il y a une différence très importante entre les impératifs de la morale et les commandements de la Torah, dont les sept lois noachides font partie. En effet, lorsque l'on parle de moralité, ce que l'on acquiert par son accomplissement est la plénitude, la perfection de la condition humaine. L'on peut dire d'une certaine manière qu'un homme immoral n'est pas à proprement parlé un homme. En tout cas, il ne réalise pas son potentiel humain en tant que créature. Or, lorsqu'il s'agit de commandements, en hébreu מצווה (mitsva), c'est très différent car il s'agit alors d'une relation entre D.ieu et l'homme. Et cette relation entre le Créateur et Sa créature, cette relation entre l'infini divin et l'être fini, l'homme, ne peut être réalisée que par un appel de D.ieu vers l'homme et non pas provenir de l'initiative des hommes.

 

S'approcher de D.ieu à l'aide de commandements

Il est souvent question chez les nations de "sentiment religieux". Ce "sentiment religieux" est relativement étranger à la tradition d'Israël, car il implique qu'à partir de l'homme il y ait une ascension vers D.ieu. Or cela est absolument absurde, car, étant donné que D.ieu est infini et que l'homme est fini, cette démarche ne peut aboutir qu'à une déception. Ainsi, souvent l'on entend des gens dire qu'étant jeunes ils voulaient s'approcher de D.ieu mais ont réalisé depuis que cela était impossible, que c'était une illusion et une déception qui fréquemment les a menés à l'athéisme. Alors que lorsque l'on parle de commandement, de מצווה (mitsva), il s'agit du Créateur qui s'adresse à l'homme. Alors, l'accomplissement du commandement permet une association. Le mot mitsva en hébreu veut dire également faire partie d'une même équipe, étant de la même racine grammaticale que le mot צוות (tsévète) - équipe.

 

Avoir la foi... et la mettre en pratique!

Tout cela permet de mieux comprendre le talmud qui nous dit qu'il fut un temps où l'humanité toute entière admettait les commandements noachides, mais qu'elle a refusé de continuer à les accepter comme des commandements. Cela ne veut pas dire que l'humanité est tombée dans l'immoralité, mais simplement qu'à un moment de son histoire elle a préféré vivre la morale de manière détachée de la Volonté du Créateur. De telle sorte que si quelqu'un, par malheur, ne s'est pas acquitté des commandements de la morale, a pêché contre la morale, il reste encore lié au Créateur. L'exemple le plus fort de cela est la décision qu'ont prise les premiers chrétiens d'abolir les commandements de la Torah et de fonder la relation de l'homme envers D.ieu uniquement sur la foi. Ce que le judaïsme propose est une mission totalement différente. Ce n'est pas la foi qui sauve, mais au contraire la fidélité aux actes en tant que commandements du Créateur qui permet une adhésion pleine et totale à la divinité. C'est elle qui fait sortir l'homme de sa finitude pour le mettre en relation avec l'infini.

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