Rav Oury Cherki

Yom Haatsmaout - Les louanges du roi Ézéchias

Publié sur le site du Centre Noachide Mondial



Le décret rabbinique de réciter le Hallel (louanges, Psaumes 113-118) lorsque l’on a été délivré a été instaurée par Moïse, Aaron et Myriam suite au passage de la mer des joncs.

Le roi Ézéchias régna sur la Judée alors que celle-ci était sous le joug assyrien. Lorsque le roi cessa de leur payer le tribut, vint le roi Sennachérib et fit le siège à Jérusalem. L’ennemi fut décimé en une nuit par une épidémie et le royaume de Judée retrouva son indépendance. Le prophète Isaïe demanda alors à Ézéchias de réciter le Hallel. "Chantez l'Eternel, car Il a fait des choses glorieuses" (Isaïe 12,5).  Ce que le roi ne fit point. C’est pour cette raison qu’il n’a pas eu le mérite d’être le Messie.

Pour quelle raison ne se plia-t-il au décret rabbinique et ne récita-t-il pas le Hallel? Et pour quelle raison cela lui empêcha-t-il de devenir le Messie?

Le Messie a pour mission de réparer les fautes du monde. La première faute de l’histoire fut celle de l’Arbre de la Connaissance, la seconde fut le manque de reconnaissance. La seconde faute est par définition toujours plus grave que la première. Ainsi, la faute essentielle fut celle du manque de reconnaissance et la réparation principale doit être la reconnaissance. D’où la gravité de la faute du roi Ézéchias.

L’examen de foi est d’être capable de réciter le Hallel précisément lorsque tout porte à croire que le moment de le réciter n’est pas encore arrivé. De nos jours, nous trouvons à ce sujet deux fautes, diamétralement opposées mais si proches: la dialectique laïque dit que c’est le Palma’h qui a fondé l’État, et non pas Dieu. La dialectique religieuse, quant à elle, dit que ce n’est pas Dieu qui l’a fondé, c’est seulement le Palma’h...

Quel était l’argument du roi Ézéchias? 3 prétextes peuvent être trouvés à sa non-récitation du Hallel: religieux, gauchiste et nationaliste.

  • Religieux – Ézéchias pensait que l’indépendance nationale n’avait pas de valeur religieuse. C’est de la politique, pas de la "Thora". Ézéchias fit passer, de son règne, tout le budget de l’agriculture aux yéchivot’ (écoles talmudiques). Toute la terre n’était que ronces et épines, car Ézéchias planta un glaive dans la maison d’études pour forcer tout le monde à étudier la Thora. Seule la Thora existait pour lui, pas le nationalisme.
  • Gauchiste – le Talmud (Brah’ot 10a) rapporte qu’Ézéchias s’occupait de raisonnements divins et non humains. Lorsqu’il se réveilla le matin et vit, gisant sous sa fenêtre, les corps de 185000 soldats ennemis, il se rappela que Dieu avait refusé aux anges de chanter Ses louanges lorsque l’armée égyptienne à la poursuite du peuple d’Israël se noya dans la mer des joncs. Le Talmud rapporte certes ailleurs que le fait qu’Israël ne chanta qu’après avoir entièrement passé la mer leur fut compté comme une faute. Mais le raisonnement d’Ézéchias était d’ordre divin...
  • Nationaliste – à l’époque d’Ézéchias, Sennachérib dévasta le royaume d’Israël. Qui peut réciter le Hallel alors que tant de juifs ont été expulsés de leurs maisons?

Le Talmud raconte que lorsqu’Ézéchias refusa de réciter le Hallel, quelqu’un d’autre le fit à sa place – la terre, comme il est écrit: "Du bout de la terre nous entendons des cantiques". "La terre", ce sont les "am Haaretz", les juifs simples. Car même si les dirigeants ne les chantent, la terre chante les louanges de Dieu.

Ceux qui récitent le Hallel la nuit et le jour de Yom Haatsmaout (jour d’indépendance d’Israël) ont un grand mérite, celui de représenter cette même terre qui récite des cantiques. En cela, ils réparent la faute du Premier Homme.

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