Rav Oury Cherki

Bo – Le sang du bassin

Publié sur le site du Centre Noachide Mondial.



Sacrifice unique

Le sacrifice pascal est unique en son genre, c’est un sacrifice individuel possédant des lois de sacrifices collectifs:

1. Il est apporté à un moment déterminé, raison pour laquelle il repousse le Chabbat.

2. Il est mangé en groupe en grande pompe par tous les pèlerins montant à Jérusalem comme un seul homme.

Cette double nature provient du symbole de ce sacrifice, marquant la naissance du peuple d’Israël en tant qu’entité politique. Cette naissance est un instant particulier pour le peuple, un instant où l’âme collective apparaît en chacun des individus. A ce moment, chaque individu avait une valeur collective.

Libre arbitre

Cet aspect a une autre conséquence : bien qu’un enfant d’Israël ne puisse normalement abandonner son destin national – car il n’est pas possible de perdre sa judaïté – au moment de la sortie d’Egypte le libre arbitre a été donné à chacun de se joindre ou non à l’histoire du peuple d’Israël. C’est précisément ce que l’on répond à l’enfant mécréant dans la haggada (récit de la sortie d’Egypte) de pessa’h, lorsque celui-ci demande à être exclu de la collectivité : « s’il y était, il n’aurait été délivré ». Alors, il avait la possibilité de ne pas être délivré, mais maintenant qu’il est ici, et non en Egypte, il lui incombe de réaliser son identité d’israélite et non de la rejeter.

Sainteté dans la nature

Une autre particularité fut révélée par la sortie d’Egypte. Lorsque le Temple et l’autel expiatoire sont construits, le sang du sacrifice pascal est jeté sur l’autel. Cependant, en Egypte, l’Eternel a ordonné de tremper une poignée d’hysope dans le sang reçu dans un bassin provenant du sacrifice de l’agneau pascal et d’appliquer ce sang sur l’entrée de la maison. Cet acte est hautement symbolique : la maison remplace l’autel, et le linteau et les poteaux remplacent les murs et angles de celui-ci. Il en ressort que la chair était consommée non pas en dehors de l’autel mais dans son espace même. La signification de cela est qu’aux prémices de notre Histoire, le niveau de sainteté de l’autel est apparu dans l’acte de manger. C’est cette même idée que nous retrouvons dans le concept de sainteté dans la nature que dévoile la génération messianique (rav Kook, Orot haKodech v2, hakodesh haklali, 23).

Etincelles de sainteté

Le sacrifice pascal est un agneau, dieu d’Egypte, mangé par les enfants d’Israël. Cet acte précédant la libération de l’esclavage sert à intégrer les valeurs de l’Egypte méritant d’être délivrées en compagnie d’Israël, telles les étincelles de sainteté apparaissant au sein de la culture générale, apportant leurs pierres à l’édifice identitaire d’Israël, contenant un condensé de toutes les facettes de l’humanité, comme le dit le verset : « Il fixa les limites des peuples d’après le nombre des enfants d’Israël » (Deut. 32, 8).

Le sacrifice est apporté à la pleine lune du mois du printemps, temps de renouvellement par excellence, invitant l’apparition du plus grand initiateur de renouvellement de l’humanité : le peuple d’Israël.

Ce bassin, par lequel le sang du sacrifice pascal était accepté, sert lui-même de porte d’entrée vers le processus historique de réparation du monde.

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