Rav Oury Cherki

Naso – Proche et lointain

Publié sur le site du Centre Noachide Mondial.



Le livre des Nombres nous enseigne comment surmonter les épreuves, les situations hors de l’ordinaire. Notre paracha débute par le traitement des problèmes de l’individu qui s’écarte de la norme. Bien que dans toute la Thora le collectif précède généralement l’individuel, en état de crise il faut au contraire commencer précisément par l’individu. Car il est impossible de s’attacher aux préoccupations collectives tant que l’âme individuelle est en difficulté.

Proximité excessive

Le critère permettant de diagnostiquer les problèmes de l’individu, est son positionnement par rapport au repère de la sainteté : le Temple. Après que les tribus aient été organisées autour du sanctuaire, est dévoilée la physionomie du corps national. Parfois, la proximité excessive à la sainteté peut confondre l’individu, à cause de son impureté. La recommandation est alors d’éloigner la personne, pour lui permettre de reforger son identité dans des conditions qui n’exigent pas d’elle une confrontation directe avec les exigences de la sainteté : « Ordonne aux enfants d’Israël de renvoyer du camp tout individu lépreux, ou atteint de flux, ou souillé par un cadavre » (Nom. 5, 2).

Trois niveaux d’impureté

L’ordre est le suivant : le lépreux, dont la contamination provient d’une dégradation morale vis-à-vis de la société, de médisance, s’isole en dehors des trois cercles de campement pour lui permettre de redécouvrir son identité et de se purifier. L’impureté de la personne atteinte de flux, quant à elle, est involontaire, mais elle le rabaisse, lui rappelant sa faiblesse humaine. C’est pourquoi cette personne est exclue du cercle de campement Léviite, exigeant une pureté intellectuelle qu’elle ne peut respecter. Enfin, l’individu souillé par un cadavre, n’est pas atteint dans son intégrité intellectuelle ou morale, mais sa rencontre avec la mort le relègue à un monde a posteriori où la mort est possible, à cause de la faute originelle de l’homme. C’est pourquoi il est uniquement exclu du campement de la Providence, appartenant à l’éternité et non à la mort.

Eloignement excessif

A partir de là, la Thora détaille le cas inverse. Parfois, c’est l’éloignement excessif de la sainteté qui cause la complication et la dégradation de l’homme, jusqu’à ce qu’il en vienne à mépriser les biens de son prochain, comme le lépreux qui a méprisé verbalement son prochain. La solution est de l’amener au Temple et de l’amender d’un sacrifice expiatoire de vol lui exigeant de rencontrer la sainteté et d’intégrer le fait que le dommage à la propriété est aussi un dommage à la sainteté.

Parfois, la relation entre l’homme et son prochain est plus complexe, s’agissant de la vie de couple, en parallèle à la personne atteinte de flux, atteinte dans sa capacité conjugale. La paix conjugale est obligée d’être fondée sur la compréhension que « la Providence est parmi eux ». Lorsque ce fondement est absent, c’est toute la conjugalité qui est détruite. C’est la raison pour laquelle il faut amener le couple de la « femme soupçonnée » au Temple, pour qu’il voit comment est effacé le Nom de Dieu dans le but de ramener la paix conjugale.

Le nézirat est l’élévation de l’individu à un niveau individuel de sainteté, dans lequel la mort n’a pas sa place, ressemblant au niveau du Grand-Prêtre, comme élévation de sa personnalité.

Trouver le juste milieu

Lorsqu’on est préoccupé répétitivement par l’âme individuelle, il existe le risque d’une focalisation excessive dans l’individu comme effet secondaire. La bénédiction des prêtres vient alors réunir toute la maison d’Israël dans une bénédiction de présence divine sur l’ensemble de la collectivité.

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