Rav Oury Cherki

Houkat – la logique de la vache rousse

Publié sur le site du Centre Noachide Mondial.



Signification de l’impureté

La vache rousse purifie. L’impureté de la mort est la conséquence de la rencontre de l’homme vivant avec la mort. La pierre ne peut devenir impure, car elle n’a jamais connu la vie. La mort est l’opposé de la vie, et le choc causé par la rencontre avec elle ébranle la vie.

L’impureté est proportionnelle à la proximité. C’est pourquoi un juif mort rend impur au contact ainsi qu’à ce qui se trouve sous le même toit. Ce n’est pas le cas du non juif, qui ne rend impur qu’au contact.

De même, une femme donnant naissance à un fils est impure sept jours, car elle possédait en elle un corps vivant. Mais lorsqu’elle donne naissance à une fille, elle est impure deux semaines, car la fille a elle-même le potentiel d’être porteuse de vie. C’est pourquoi son impureté est double.

La purification – une mini résurrection

La purification de l’impureté de mort est obtenue à l’aide de la vache rousse par « résurrection ».

« Avertis les enfants d’Israël de te choisir une vache rousse, intacte, sans aucun défaut, et qui n’ait pas encore porté le joug. Vous la remettrez au pontife Eléazar; il la fera conduire hors du camp, et on l’immolera en sa présence » (Nombres 19, 2-3).

Avertis les enfants d’Israël de te choisir une vache : Une vache – femelle – symbole de fertilité, et non un taureau. La vache donne la vie. Une vache et non une brebis car, par sa taille, la vache donne plus de vie.

Rousse : le rouge est la couleur du sang et de la vie.

Intacte : une vie intègre.

Qui n’ait pas encore porté le joug : qui n’a pas été diminuée dans sa vitalité.

Vous la remettrez au pontife Eléazar, … on l’immolera : l’abattage est l’annulation de la vie.

Elle doit être brûlée entièrement : sa peau, sa chair et son sang, on les brûlera avec sa fiente. Absolument tout, y compris les excréments.

Hors du camp : hors du lieu de vie, où elle est réduite en cendres. Les cendres, à la différence de la poussière, ne poussent pas et ne permettent pas de faire pousser. Les cendres sont la division absolue.

La mort règne même sur le végétal. Le plus grand arbre est le cèdre. Le plus petit est l’hysope. Le pontife prendra du bois de cèdre, de l’hysope et de l’écarlate, qu’il jettera dans le feu où se consume la vache (id. 6). Ce sont les extrémités du monde végétal. La vache et le vermillon sont les extrémités du règne animal. Le ver est aussi ce qui reste de l’homme.

En bref : le maximum de vie a été réduit au summum de la mort.

L’être vivant est constitué d’un corps et d’une âme. Le corps ressemble à un ustensile en terre cuite, hermétique. L’âme, elle, ressemble à un flot incessant d’eau vive. L’homme ressemble ainsi à un récipient contenant de l’eau vive.

Nous prenons les cendres, les traces de la mort, et les ressuscitons à l’aide de l’eau vive – comme l’âme, dans un récipient – comme le corps. C’est pourquoi cette eau est utilisée pour purifier de l’impureté de mort.

Le mystère de la purification de la vache rousse est ainsi percé.

Prodigieux dans l’acte (créateur)

Si c’est si simple, pourquoi le roi Salomon a-t-il dit : « Je voudrais me rendre maître de la sagesse! Mais elle s’est tenue loin de moi » (Ecc. 7, 23), ce que nos sages indiquent comme faisant allusion au mystère de la vache rousse ?

C’est que la signification du secret est encore lointaine. Il n’est toujours pas clair comment la vie refleurit à partir de la mort. Le passage de la vie à la mort et de la mort à la vie reste un mystère, de même que le mystère de la vie dans la matière, comme le dit le Rema, le rav Moïse Isserlès, dans son commentaire sur le Choul’han Arou’h  sur la bénédiction récitée après les besoins naturels: « prodigieux dans l’acte (créateur) – qui lie une chose spirituelle à une chose matérielle ».

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