Rav Oury Cherki

Souccot - La fête de rattrapage

Elul 5766



La sortie d’Egypte n’a été qu’une demi-réussite. Comme son nom l’indique, le but de l’évènement n’était pas la seule sortie d’Israël, mais bien la libération de l’humanité tout entière, dont l’Egypte représentait à l’époque l’avant-garde. Certes une fraction de l’humanité s’est associée aux hébreux, c’était "le grand mélange" ou Erev rav. Mais c’est précisément le manque de maturité de ce groupe qui a provoqué le ralentissement de la rédemption. Si tout s’était passé "comme il faut" la fête de Pessah qui commémore la sortie d’Egypte, aurait été également la fête de Souccot, celle de la rédemption de toute l’humanité: "les enfants d’Israël voyagèrent de Ramsès a Souccot" dit la Thora pour le premier jour de Pessah. De plus, un intervalle de cinquante jours entre la libération et le don de la Thora a été nécessaire pour se purifier de "l’impureté d’Egypte", alors que la libération nationale aurait du coïncider avec la libération spirituelle. Il est donc indispensable qu’une fête supplémentaire complète ce manque. La fête de Souccot remplit ce rôle. Apres l’élimination du mal, au moins pour un instant, par le biais des journées de Roch Hachana et de Kippour, on peut respirer pendant une semaine un peu de l’atmosphère spirituelle idéale, celle du monde tel qu’il sera lors de l’aboutissement de l’histoire. On envisage même un monde libéré du mauvais penchant, où la joie n’a plus de limites: "Qui n’a pas vu la joie du puisage de l’eau [à Souccot, dans le temple], n’a pas vu de joie de sa vie" . Rien n’empêche de fêter la joie de la Thora à Sim’hat Thora immédiatement après la fête de la libération d’Egypte, sans attendre cinquante jours. Il n’y a plus d’impureté d’Egypte.

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