Rav Oury Cherki

Terouma (Haftara) – Evolution de l’Histoire

Publié sur le site du Centre Noachide Mondial.





Des plans différents

Bien que la construction d’une Maison pour le Seigneur soit un commandement de la Thora (comme l’indique Maïmonide au début des Lois du Temple), et que la Thora ne change pas (l’un des treize principes de foi), nous trouvons des différences dans les plans de construction du Temple à différentes époques par la bouche des prophètes. C’est ainsi que la construction de la Tente d’Assignation du désert diffère de cette de Shilo, et toutes deux sont différentes du Premier Temple, du Second, et même du Troisième que décrit le prophète Ezéchiel. La raison de cela est que le Temple est le reflet du monde supérieur dans notre monde, « selon le plan qui t’est indiqué sur cette montagne » (Ex. 25, 40), un peu comme le monde des Idées de Platon. Le monde spirituel change de forme avec l’évolution de l’Histoire, raison pour laquelle sa représentation dans le Temple d’en bas évolue en conséquence.

Les fenêtres du Temple

L’un des détails qui diffère entre la Tente d’Assignation de la Paracha de Terouma et le Temple du roi Salomon de la Haftara de Terouma est que la Tente ne possède pas de fenêtres contrairement au Temple de Salomon. La signification de ce détail est que la présence divine dans le désert était l’apanage exclusif d’Israël, sans relation avec le reste de l’humanité, du fait que le peuple d’Israël était centré sur lui-même, lorsqu’il vivait une relation d’amour intime avec le Créateur « ton amour au temps de tes fiançailles, quand tu me suivais dans le désert » (Jér. 2, 2). Au temps du roi Salomon, le moment était venu de mettre en pratique la mission universelle du peuple d’Israël, lorsque du monde entier l’on venait entendre la sagesse du roi Salomon. Le moment était arrivé d’installer des fenêtres au Temple, symbolisant le contact entre Israël et les nations.

Influences intérieures et extérieures

Le Texte indique que ces « fenêtres éclairaient, tout en étant scellées » (Rois I 4, 6). La traduction araméenne de Yonatan indique « ouvertes de l’intérieur et fermées de l’extérieur ». La signification est que les fenêtres montraient l’influence du profane sur le saint, des nations sur Israël. Cette même idée est retrouvée chez le rav Kook (Orot Hat’hia ch. 16). Le Radak (David Kim’hi) ramène une source soutenant l’inverse, « que les fenêtres éclairaient l’extérieur et étaient scellées de l’intérieur, signifiant qu’il [le Temple] n’avait pas besoin de lumière de l’extérieur » (cette idée est aussi trouvée dans les premiers écrits du rav Kook, Eyn Aya sur Bikourim §27). Il semble que les deux idées ne sont pas contradictoires. La première décrit la pratique – que le peuple d’Israël ne craint pas les influences extérieures lorsque la présence divine réside en son sein, alors que la seconde décrit la théorie – que dans son essence le peuple d’Israël se distingue des autres peuples. C’est précisément ce principe qui donne au peuple d’Israël son assurance.

Une nouvelle technologie

L’exégète Baal Hametsoudot réunit les deux idées en indiquant que les fenêtres étaient en verre, à la fois éclairant et scellées. Mais pour parvenir à combiner les influences de l’intérieur et de l’extérieur, une nouvelle technologie est nécessaire, en l’occurrence le verre, provenant de l’évolution du monde.

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