Rav Oury Cherki

Ki Tissa (Haftara) – Qui a répondu au prophète Elie…

Publié sur le site du Centre Noachide Mondial.



«Tout le peuple, à cette vue, tomba sur sa face et s’écria: « C’est l’Eternel qui est Dieu! C’est l’Eternel qui est Dieu!» (I Rois 18, 39, fin de la Haftara de Ki Tissa).

Quelle fut l’intention du peuple lorsqu’il fit entendre ces belles paroles ? A première vue, il semble qu’ils ne font là que répondre au défi proposé par le prophète Elie (id. 21) : « Si l’Eternel est le vrai Dieu, suivez-Le; si c’est Baal, suivez-le! ».

Cependant, le fait que leur réponse est doublée, en plus de marquer leur enthousiasme, semble indiquer une compréhension profonde atteinte par le peuple après que le doute soit tombé. En d’autres termes, en plus de la compréhension que l’Eternel est le vrai Dieu et non Baal, ils saisirent également le caractère du dévoilement divin dans le monde.

De quoi s’agit-il ?

Dès le moment où l’individu est doué de conscience, il est confronté à une dualité terrible. D’une part, il voit le monde de la nature, livré à des lois immuables, amorales. Au sommet de la hiérarchie naturelle, l’homme découvre l’existence du Créateur, qu’il appelle Elohim, nom indiquant Celui qui fait exister la nature.

D’autre part, l’individu perçoit en son for intérieur son âme, sa personnalité, capable de discerner le bien du mal, porteuse d’une vie intérieure et possédant le libre arbitre. Le Créateur de son âme il nomme des quatre lettres du tétragramme, désignant Celui qui fait exister la morale.

Pour résoudre la tension entrainée par ces deux approches opposées, quatre explications ont été proposées :

1) Celle des idolâtres – soutenant que le monde est empli de personnes: d’anges, de dieux, d’âmes et d’esprits. Traduit dans le langage biblique, cette approche prétend que tout est Dieu (Tétragramme).

2) Celle de certains philosophes – prétendant que tout n’est que nature, à tel point que même la personnalité n’est qu’illusion. Le monde n’est qu’une grande machine automatique et insensible.

3) Celle du juif d’Amsterdam – que le divin équivaut à la somme de ses représentations. Même l’âme, morale, fait finalement partie du système supérieur de la nature. Selon lui, « ce sont les dieux qui sont l’Eternel ».

4) Celle des prophètes d’Israël – dons le prophète Elie au mont Carmel, qui nous enseignèrent que « c’est l’Eternel qui est les dieux (Elohim) », et non les dieux qui seraient l’Eternel. Il existe une harmonie intérieure entre l’âme et la nature, quoique favorisant l’éthique (tétragramme) (pour plus de précisions, voir Nefesh Ha’haim, rav ‘Haim de Volozhine, 3e partie, ch. 9).

La compréhension que le Saint béni soit-Il agit à travers la morale, qu’Il préfère le bien au mal, est ce qui a pénétré dans le cœur du peuple assemblé au mont Carmel, lorsqu’ils virent que l’Eternel ne désirait pas le sacrifice barbare des adorateurs de Baal: « ils se tailladèrent, selon leur coutume, à coups d’épées et de lances, au point que le sang ruisselait sur eux » (verset 28).

C’est cette morale qu’enseigne la Thora, une morale d’harmonie des valeurs et d’unité des cœurs.

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