Rav Oury Cherki

Bamidbar (Haftara) – Détruire pour mieux reconstruire

Publié sur le site du Centre Noachide Mondial.



Force supérieure

Il est commun, autant dans les milieux laïques que religieux, d’appeler l’Eternel « force supérieure ». Cette conception est erronée pour plusieurs raisons. La première et la plus simple est que toute tentative de définir Dieu est réductrice et donc fausse, car « le silence est Ta louange ». Il est la source de toutes les forces, mais est Lui-même au-dessus de ce type de définitions. En approfondissant quelque peu, il apparaît que le monde spirituel attaché à de telles définitions est très restreint. La puissance revient au plus puissant, c’est lui qu’il faut soutenir et non son adversaire. La force soumet par sa puissance tout ce qui n’est pas dans son domaine. Le service de l’Eternel devient intéressé, empli de crainte, sans amour.

Rejet de la religion

Avec le temps, les hommes ont pris l’habitude de voir dans la divinité une force assoiffée de pouvoir et d’honneur. C’est ainsi que s’est développée la révolte contre la religion et la foi, jusqu’a la négation totale de l’existence de Dieu. La critique s’appuie sur l’exigence de normalité et la joie de vivre. Ces exigences ne sont pas étrangères au service divin avec amour. Non seulement ce service ne soumet pas l’homme mais au contraire préserve toute sa stature tout en renforçant sa stabilité.

Détruire pour mieux reconstruire

Une relation basée sur la soumission à l’autre est appelée par les prophètes « Baaloute », « propriété », que ce soit dans vis-à-vis des biens que dans le contexte du dieu cananéen « Baal ». Dans notre Haftara, le prophète Osée nous annonce (2, 18) : « A cette époque, dit l’Eternel, tu M’appelleras: « Mon Epoux »; tu ne M’appelleras plus: « Mon Baal » ». Cela vient nous enseigner que les relents d’idolâtrie qui persistaient dans notre conception du divin seront évacués, laissant place à une ère de connaissance de Dieu pure, rendant à l’homme toute sa liberté et sa conscience.

Une révolution si profonde dans les consciences ne peut qu’entrainer des crises, lorsque les modes de pensée anciens sont anéantis. Alors apparaît l’écorce de l’athéisme, qui ne provient pas de la chute de l’homme mais de son exigence d’une foi épurée : « Je proscrirai de sa bouche ces dénominations de Baals: leur nom sera voué à l’oubli » (id. 19).

Epuration de la foi pour arriver à un monde de connaissance de Dieu

L’épuration des principes de foi finiront par ramener les consciences au principe de la sainteté dans la nature : « A cette époque, Je ferai un pacte en leur faveur avec les animaux des champs, avec les oiseaux du ciel et les reptiles de la terre; arcs, épées, tout attirail guerrier, Je les briserai dans le pays, et Je ferai en sorte que chacun y dormira en paix » (id. 20).

L’épuration du concept de divinité de ses impuretés est ce qui assure un lien éternel avec l’Eternel, car plus aucun élément ne le perturbe : « Je te fiancerai à Moi pour l’Eternité » (id. 21). De la foi pure se répandent toutes les valeurs morales dans une parfaite harmonie : « tu seras Ma fiancée par la droiture et la justice, par la tendresse et la bienveillance » (id.). C’est ainsi qu’est établi un monde où la connaissance de Dieu est l’occupation unique de l’homme (tel que rapporté par Maïmonide pour la fin des Temps dans les Lois des Rois 12, 5) : « Ma fiancée en toute loyauté, et alors tu connaîtras l’Eternel » (id. 22).

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